Ce document, ce sont les Search Quality Rater Guidelines (SQRG), qu’on peut aussi traduire par « guidelines des évaluateurs de qualité ». Elles font aujourd’hui 182 pages dans leur dernière version du 11 septembre 2025. Autant dire que pour le lire, il faut s’accrocher !
Pour vous éviter ce calvaire, j’ai relu le document dans son intégralité et exploré les changements majeurs de ces dernières années. Car oui, avec l’arrivée de l’IA générative, le web et le SEO ont connu bien des transformations ! Je vous explique tout dans cet article.
Les Quality Raters sont des évaluateurs humains recrutés par Google via des prestataires externes. Ils sont environ 16 000 dans le monde selon les estimations les plus récentes. Leur mission ? Noter la qualité des pages web qui ressortent dans les résultats de recherche.
Mais alors, à quoi ça sert ? À entraîner les algorithmes. Google utilise les milliers de retours des Raters pour mesurer si ses systèmes de classement fonctionnent comme prévu et pour ajuster ses modèles.
Pour reprendre l’image que Google adore utiliser dans sa documentation : c’est un peu comme lorsqu’un restaurant recueille les avis de ses clients. Ces retours ne vont pas cuisiner de plats mais simplement indiquer si la cuisine est bonne ou non.
Pour vous et moi, en tant que pros du SEO, ça veut dire que les guidelines décrivent l’idéal vers lequel l’algo Google essaie de tendre. C’est donc un document très précieux pour mieux comprendre la philosophie de Google.
Le document de 182 pages se découpe en 3 grandes parties.
| Partie | Sujet |
|---|---|
| Page Quality Rating Guidelines (PQRG) | Comment évaluer la qualité d’une page : objectif, qualité du contenu principal, E-E-A-T, réputation du site et de l’auteur |
| Understanding Search User Needs | Comprendre l’intention de recherche : tâche, locale, fraîcheur, format attendu |
| Needs Met Rating Guideline | Évaluer dans quelle mesure le résultat répond au besoin de l’utilisateur |
Les Guidelines Google évoluent très régulièrement. Parmi les mises à jour récentes, je pense surtout à celles relevées par Stan Ventures, c’est-à-dire celles de :
- décembre 2019 (focus sur les critères E-A-T),
- juillet 2022 (instructions plus détaillées sur la correction des fausses informations),
- mars 2024 (premières mentions de l’IA générative),
- janvier 2025 (modifications sur le YMYL associé à la santé),
- septembre 2025 (ajout d’exemples sur l’IA et élargissement du YMYL).
Que veut dire YMYL ? C’est un acronyme pour « Your Money Your Life » (littéralement « votre argent votre vie »). Sur le web, il désigne les pages qui font référence à des sujets très importants pour les lecteurs comme la santé, la sécurité, les finances…
Ici, aucune mise à jour n’a « brisé » les fondamentaux déjà établis mais on voit que les attentes se précisent et se durcissent.
Le guide des recommandations de qualité Google explique aux Quality Raters comment ils doivent évaluer chaque résultat de recherche. Tout est décrit dans le fameux document de 182 pages. Oui, je parle ici des fameux critères E-E-A-T que vous connaissez probablement déjà !
- Experience (Expérience) : ajouté en décembre 2022 comme l’indique le Google Search Central Blog, ce pilier reconnaît la valeur du vécu de première main. Avoir réellement utilisé un produit, visité un lieu ou exercé un métier compte autant que le diplôme.
- Expertise (Expertise) : le savoir formel (diplôme, certification) ou informel (années de pratique reconnues).
- Authoritativeness (Autorité) : la reconnaissance par les autres acteurs du secteur.
- Trust (Confiance) : la fiabilité globale du site et de son contenu.
Si vous voulez évaluer les E-E-A-T de votre site, je vous invite à réaliser dès maintenant votre audit E-E-A-T en suivant notre checklist.

Template EEAT (Excel / Google Sheets) à télécharger en français
Toutes les parties des Guidelines Google ne sont pas essentielles à connaître pour les professionnels du SEO. Et vu le nombre de pages, les plus importantes ne sont pas faciles à débusquer… J’ai donc fait le ménage pour vous réunir les 11 points les plus utiles pour booster votre SEO.
1. La réputation off-site compte autant que le contenu on-site
Google le dit avec un mélange de pragmatisme et de cynisme : « beaucoup de sites sont très désireux d’expliquer à quel point ils sont super ». Les Quality Raters sont donc invités à évaluer la réputation d’un site en dehors du site lui-même : via les articles de presse, Wikipédia, les blogs spécialisés, les forums comme Reddit, les organismes indépendants…
Pour vous, ça veut dire qu’il faut suivre ce que les autres disent de vous ! Je vous conseille donc d’utiliser le paramètre URL suivant : (votre marque) -site:votredomaine.fr. J’ai fait le test avec Ahrefs pour vous donner une idée.

Ainsi, vous verrez tout ce qui se dit sur vous en dehors de votre propre site. Pour aller plus loin, Site Explorer d’Ahrefs peut vous permettre d’analyser le profil de backlinks de votre site et de voir où, comment et avec quelles ancres on parle de vous.
2. Répondez aux avis, positifs comme négatifs
Le guide cite explicitement des plateformes d’avis comme références à consulter pour les raters. En France, Trustpilot, Google Business Profile, Trip Advisor et Société.com font partie des sources les plus consultées par les internautes pour évaluer une marque.
Ignorer un avis négatif, c’est laisser un signal de mauvaise qualité s’installer. Y répondre intelligemment, c’est :
- transformer un client mécontent en client réconcilié,
- montrer aux autres lecteurs que vous prenez le service au sérieux,
- alimenter une réputation publique positive que les Quality Raters, l’algo ET les IA type ChatGPT vont capter.
3. Montrez votre expertise (et celle de vos auteurs)
Google recommande aux Quality Raters de se poser une question simple : « Quel type d’expertise est requis pour atteindre l’objectif de cette page correctement ? ». Si vous parlez santé, l’expertise médicale est attendue. Si vous parlez SEO, ce sont les années de pratique et les résultats publics.
Selon moi, voici ce qui peut aider à démontrer cette expertise :
- des sources claires sur les informations factuelles,
- une page auteur détaillée avec liens vers LinkedIn, mentions externes, publications,
- une bio en bas d’article qui établit la légitimité de la personne sur ce sujet précis,
- une page À propos qui explique qui se cache derrière le site, pourquoi, et comment vous contacter.
Sur le blog Ahrefs FR, par exemple, chaque article comporte une bio d’auteur complète avec des liens externes, son parcours et ses domaines d’expertise. Et ce n’est pas juste pour faire joli ou « bien présenter » auprès de vous : c’est surtout un signal fort pour Google et ses critères E-E-A-T !

4. Pour les sites YMYL, redoublez d’efforts sur les sources
Sur les sujets comme la santé, les finances et le droit, les Quality Raters sont formés à être particulièrement exigeants. En effet, ils attendent :
- des auteurs avec des qualifications vérifiables (médecin, expert-comptable, avocat, etc.),
- des sources institutionnelles clairement citées (HAS, Ministère de la Santé, Banque de France, ameli.fr, Légifrance, Service-Public.fr…),
- des dates de publication et de mise à jour visibles,
- une logique éditoriale documentée (qui relit, qui valide, etc.).
Le site ameli.fr est un bon exemple chez nous : il affiche en permanence les sources institutionnelles, les dates de mise à jour, les coordonnées de contact et la chaîne de responsabilité éditoriale.

Les sites de ce type n’ont pas forcément besoin d’un blog ou d’une bio pour leurs auteurs. C’est le cas par exemple du California Department of Public Health. En revanche, sa page « About Us » (à propos) contient beaucoup d’informations. Le lecteur peut donc clairement déterminer de qui vient l’information et pourquoi elle est digne de confiance.

5. Surveillez le fake E-E-A-T
Le fake E-E-A-T, c’est le fait d’afficher les signaux d’expertise sans les posséder vraiment. Par exemple :
- des photos d’auteurs en banque d’images, avec des bios génériques,
- des certifications ou diplômes invérifiables,
- des avis clients fabriqués ou achetés,
- du contenu copié-reformulé présenté comme une analyse originale.
Les Guidelines Google sont d’ailleurs très claires là-dessus : parmi ses 4 critères, Trust est de loin le plus important. Même si l’expérience, l’expertise et l’autorité semblent élevées, la qualité du contenu sera très basse si on ne peut pas avoir confiance en lui.

Donc pensez à mettre en avant :
- des informations factuellement exactes,
- des sources clairement citées,
- une page « À propos » détaillée,
- des coordonnées de contact explicites,
- une transparence sur l’auteur et son intention,
- des avis cohérents en dehors du site,
- une présence sécurisée (HTTPS, politique RGPD claire, etc.).
Et si vous bénéficiez d’une autorité réelle, rendez-la également vérifiable. Mettez en avant vos profils LinkedIn, vos mentions dans la presse, vos conférences, vos publications et vos certifications consultables dans des bases publiques.
6. IA générative : autorisée mais pas n’importe comment
C’est la grande nouveauté des récentes guidelines ! Pour la première fois, Google donne une définition officielle de l’IA générative dans son document :
« Generative AI is a type of machine learning (ML) model that can take what it has learned from the examples it has been provided to create new content, such as text, images, music, and code. (…) Generative AI can be a helpful tool for content creation, but like any tool, it can also be misused. »
La position officielle est claire : l’IA n’est pas interdite mais ses dérives sont sanctionnées. Les trois mauvaises pratiques ciblées sont :
- Le filler content : du contenu de remplissage qui retarde l’accès à l’information utile (les fameuses recettes de cuisine qui commencent par l’histoire de mamie sur deux pages).
- Le scaled content abuse : produire en masse du contenu paraphrasé sans valeur ajoutée. Selon l’analyse de Marie Haynes, experte SEO, le mot « paraphrasé » apparaît 25 fois dans la version actuelle contre 3 fois avant janvier 2025, ce qui en dit long sur la priorité accordée.
- L’expired domain abuse : racheter un domaine expiré pour y héberger un contenu sans rapport, dans le seul but d’exploiter son ancienne autorité.
Utiliser l’IA en rédaction web, c’est tout à fait possible et légitime ! Vous pourrez même améliorer considérablement votre productivité. Faites-le simplement en respectant ces 3 règles :
- une relecture humaine systématique,
- un apport éditorial original (expérience, analyse, opinion),
- une mise à jour régulière avec vos vraies données.
7. Évitez les pratiques de “basse qualité”
Les Guidelines Google abordent en détail les contenus jugés « low quality » et « lowest quality », soit les contenus de basse qualité et de plus basse qualité. On peut résumer la majeure partie des choses à éviter avec cette directive que j’ai trouvée dès la page 6 des Guidelines Google :
« Search results should provide authoritative and trustworthy information, not lead people astray with misleading content. Search results should allow people to find what they’re looking for, not surprise people with unpleasant, upsetting, offensive, or disturbing content. »
Concrètement, les pratiques signalées comme de la basse qualité sont :
- les titres exagérés ou délibérément choquants (du clickbait),
- le contenu copié ou scrapé,
- le contenu de désinformation sur des sujets YMYL,
- les déclarations exagérées ou trompeuses sur l’auteur ou ses qualifications.
8. Les publicités doivent rester à leur place
Sans publicité, Google n’aurait pas de modèle économique. Le document reconnaît donc la légitimité des annonces, à condition qu’elles ne gênent pas l’accès au contenu.
Les signaux négatifs typiques que j’ai pu relever :
- les publicités qui recouvrent le texte principal,
- les pop-ups intrusives qu’on ne peut pas fermer,
- les publicités au contenu violent, vulgaire ou trompeur,
- le contenu sponsorisé non identifié comme tel.
En France, les obligations issues du RGPD et de la directive ePrivacy renforcent encore ces attentes. Il faut un consentement clair, des bannières non trompeuses et une expérience de navigation préservée. Le DSA (Digital Services Act) de l’Union européenne va dans le même sens en exigeant plus de transparence sur la publicité ciblée.
Même sur les sites où les pubs sont moins évidentes, il est important d’annoncer où et quand votre contenu fait de la publicité. J’ai pu le remarquer sur des sites à haute autorité comme Nerdwallet, qui donne ce genre d’information en haut de page :

9. Personnalisez vos pages 404
Google n’a pas de directive technique stricte sur les pages 404, mais les guidelines indiquent qu’elles sont importantes dans l’expérience utilisateur. Une page 404 qui dit juste « page introuvable » va louper des opportunités.
Sur une bonne page 404, on retrouve au minimum :
- un message clair sur le fait qu’on est arrivé sur une page inexistante,
- une barre de recherche pour retrouver son chemin,
- des liens vers les contenus phares du site,
- une touche de ton de marque (ça humanise et ça désamorce la frustration).
Mais la meilleure stratégie reste d’éviter au maximum les 404 indexées. C’est pourquoi je vous conseille de vérifier leur présence avec le Vérificateur de liens brisés d’Ahrefs. Avec notre outil, vous pourrez :
- lister toutes les pages cassées de votre site,
- identifier celles qui ont reçu des backlinks,
- mettre en place des redirections 301 vers les URL les plus pertinentes pour récupérer le jus SEO.
J’ai donc fait le test avec mon site Our Wedding Party. Visiblement, je n’ai aucun lien brisé dessus, ni sur les sites qui pointent vers le mien. Super !

Chez Ahrefs, notre page 404 dit actuellement ceci : 
Ici, pour rebondir sur le sujet des 404, nous avons justement ajouté un lien vers notre Vérificateur de liens brisés.
Bien entendu, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde avec notre page 404. Et ce sera aussi le cas avec votre site. Quelle que soit la solution choisie, elle ne sera jamais 100 % optimale.
10. Faites attention à l’intention de mot-clé et à la fraîcheur
Google explique aux Quality Raters que l’intention de recherche peut varier au fil du temps ou en fonction de l’emplacement de l’utilisateur.
Par exemple, le terme “football” veut dire des choses complètement différentes entre les USA et le reste du monde.

Pour les pros du SEO, cela implique deux choses :
- Adaptez votre contenu à votre zone géographique. Si vous ciblez la France, parlez du « PER » (Plan d’Épargne Retraite) plutôt que du « 401(k) ». Dites « médecin traitant » plutôt que « primary care physician ». Mentionnez l’« URSSAF » plutôt que l’« IRS ».
- Tenez compte de la fraîcheur. Une requête comme « meilleures conférences SEO » en 2026 doit parler des conférences à venir, pas lister des éditions de 2022.
C’est aussi sur ce point que Keywords Explorer d’Ahrefs peut s’avérer très utile ! Notre outil vous permet d’identifier les requêtes saisonnières, les variations linguistiques et les sous-intentions par marché.
11. AI Overviews : un nouveau territoire à conquérir
Désormais, les Quality Raters doivent aussi évaluer les AI Overviews ! Même s’ils ne sont pas encore arrivés en France, c’est quelque chose à garder à l’esprit (car ils risquent de bientôt débarquer).
Ici, les principes E-E-A-T deviennent encore plus importants. Une page bien structurée, factuelle, sourcée et attribuée à un auteur identifié a beaucoup plus de chances :
- d’être citée dans un AI Overview,
- d’être reprise dans les réponses de ChatGPT, Claude, Perplexity et autres LLMs,
- de gagner en notoriété même si l’utilisateur ne clique pas.
C’est tout l’enjeu du GEO (Generative Engine Optimization) que je considère aujourd’hui comme un complément naturel au SEO classique.
Les Quality Rater Guidelines de Google sont probablement le document SEO le plus important à lire. Non pas parce qu’elles dictent l’algorithme, mais parce qu’elles décrivent l’idéal vers lequel l’algo tend. Voici ce que je garderais des 182 pages si je ne devais en retenir que l’essentiel.
- Pour les E-E-A-T, Trust prime sur tout le reste. Sans confiance, ni l’expérience, ni l’expertise, ni l’autorité ne sauvent une page.
- La réputation off-site compte autant que le contenu on-site. Surveillez ce qu’on dit de vous.
- Identifiez clairement vos auteurs. Pages auteur, bios, profils LinkedIn vérifiables… Surtout, pas de fake E-E-A-T !
- L’IA est autorisée mais pas la paresse. Évitez de tomber dans les travers de la rédaction assistée par IA et repassez toujours sur tous vos contenus avant publication.
- Vos fonctionnalités doivent fonctionner. Testez régulièrement tout ce qui demande une interaction utilisateur.
- Les pages 404 sont des opportunités. Personnalisez-les et redirigez vos utilisateurs intelligemment.
- Les AI Overviews et le GEO sont de nouveaux territoires à conquérir. Travailler son E-E-A-T, c’est aussi se rendre citable par les IA génératives.
Bien sûr, je pense que les Guidelines Google seront toujours amenées à évoluer, surtout vis-à-vis de l’usage des IA génératives. Après tout, nous n’en sommes qu’aux balbutiements de ce concept ! De nouvelles règles seront certainement érigées à mesure que cette technologie progresse et que nous apprenons à la dompter.
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